McGill et Bishop’s déjouent les pronostics
Si quelqu’un m’avait dit qu’après cinq matchs, Bishop’s partagerait la tête du classement du RSEQ avec McGill, devant les Carabins, je l’aurais traité de fou.
Remarquez, ce n’est que le début de la saison. Il ne faut pas virer fou non plus justement! Il reste encore beaucoup de hockey à jouer. À pareille date l’an dernier, personne n’aurait pu prédire que les Carabins allaient remporter le championnat national.
Mais ça n’enlève rien au caractère surprenant de ce début de saison.
Depuis leur défaite de 7 à 0 contre Bishop’s lors du match d’ouverture, les Martlets de McGill sont intraitables. Elles ont battu les Carabins, effectué une remontée contre le Rouge et Or, battu Concordia, puis, trois jours plus tard, sont revenues de l’arrière pour vaincre les Stingers une deuxième fois.
Avec quatre victoires, les Martlets en comptent déjà deux de plus que durant toute la saison dernière, autant qu’il y a deux ans, une de moins qu’il y a trois saisons et deux de plus qu’en 2022-23.
Il faut remonter à novembre 2021 pour retrouver une séquence de quatre victoires consécutives des Martlets.
À l’époque, Jade Downie-Landry, Laura Jardin et Tricia Deguire portaient encore les couleurs de McGill.
« Ça fait vraiment du bien. Je pense quand même qu’on a encore beaucoup de choses à accomplir. Je pense qu’on a encore des choses à prouver. On est encore tôt dans la saison et notre objectif à long terme, c’est d’avoir un impact en séries éliminatoires. Donc, je pense que chaque jour est une occasion de se préparer en vue de ça. Évidemment, en ce moment, ça fait vraiment, vraiment du bien », m’a confié l’entraîneuse-cheffe de McGill, Leslie Oles, après le match de jeudi.
C’est le jour et la nuit pour McGill par rapport à la saison dernière.
Pourtant, l’entraîneuse-cheffe des Stingers, Julie Chu, n’est pas nécessairement surprise de voir les Martlets connaître autant de succès.
« Ça ne me surprend pas vraiment qu’elles connaissent du succès cette année. Je trouvais qu’elles étaient bonnes l’an dernier. Si on regarde McGill, combien de défaites ont-elles subies en prolongation? Donc, je pense qu’elles n’étaient pas loin l’an dernier et que maintenant, elles sont simplement capables de profiter de ces occasions », a-t-elle dit.
En effet, McGill a subi six défaites en prolongation en 2025-26, mais comme disait mon père, « passer proche, ça compte pas! »
Cela dit, ses deux seules victoires l’an dernier ont également été obtenues en prolongation ou en tirs de barrage. Les Martlets ont donc terminé la saison sans aucune victoire en temps réglementaire, contre 16 défaites, en plus de n’avoir marqué que 28 buts et d’en avoir accordé 87.
Cette saison, même si les Martlets ont marqué deux fois moins de buts que Bishop’s et en ont accordé quatre de plus que les Carabins, elles trouvent le moyen de gagner. Au cours de leur séquence de quatre victoires consécutives, elles ont marqué 12 buts et n’en ont accordé que cinq.
Omerta sur la dernière saison
Lorsque je lui ai demandé de comparer la saison dernière à celle-ci, Leslie Oles n’a pas été particulièrement bavarde.
« Je ne peux pas trop me prononcer sur ce qui s’est passé l’an dernier. Je peux parler de cette année et simplement dire qu’on garde les choses simples. On garde une structure simple. Je ne peux pas trop me prononcer sur l’an dernier. »
Des propos plutôt surprenants de la part de celle qui occupait tout de même le poste d’entraîneuse adjointe la saison dernière. S’il y a quelqu’un de bien placé pour comparer les deux saisons, c’est Leslie Oles.
Je sais que la relation entre l’ancienne entraîneuse-cheffe Alyssa Cecere et ses joueuses n’a pas toujours été au beau fixe. Selon les informations que j’ai obtenues, un médiateur serait d’ailleurs intervenu auprès de l’équipe la saison dernière.
À ce jour, ni McGill ni Cecere n’ont commenté les circonstances entourant le départ de cette dernière.
Est-ce que les choses étaient si pires qu’un simple départ ait pu contribuer à améliorer l’équipe?
Dans tous les cas, la vie est belle chez les Martlets en ce moment. Taylor Garcia et Chloé Blanchard mènent l’attaque, tandis que les deux gardiennes font le travail devant le filet.
Mégane Pilon a été solide à ses deux départs, dont celui de jeudi, n’accordant que deux buts sur 64 tirs. Elle a entre autres fait tout un arrêt en fin de troisième période jeudi pour garder son équipe dans le match. De son côté, Jade Rivard-Coulombe a fait face à 50 tirs dimanche, aidant son équipe à l’emporter en tirs de barrage.
En début de saison, une personne m’avait confié qu’elle avait le duo de gardiennes de McGill en haute estime. Force est d’admettre qu’elle avait raison.
Saison difficile pour les Stingers
Je suis le hockey féminin universitaire depuis quatre saisons et, jeudi soir, j’ai probablement assisté à la pire performance des Stingers de Concordia depuis que je couvre ce circuit.
L’équipe manque de profondeur. Des joueuses qui évoluaient auparavant sur les 3e et 4e trios doivent maintenant occuper des rôles au sein du top 6. À cela s’ajoutent les blessures. Juliette Leroux a raté les deux derniers matchs, Audrey Clavette n’a disputé que le match d’ouverture, tandis que Sara Martin s’est blessée à son tour après une vilaine chute jeudi, à l’aréna McConnell.
Pauvre Émilie Lussier. Dans ce qui devrait être son année de repêchage, elle peine à accumuler les points comme elle le faisait depuis ses débuts dans le RSEQ. En quatre matchs, elle n’a récolté que deux aides.
Jeudi soir, lors d’un trois contre un, elle a reçu la rondelle directement dans les patins. Un peu plus près de son bâton et elle aurait probablement marqué. Sa production offensive reflète celle de son équipe, qui n’a inscrit que quatre buts en autant de matchs.
Il faut toutefois regarder au-delà des buts et des aides pour bien mesurer l’apport de Lussier à son équipe.
« Je pense que si on regarde le nombre de tirs, de tentatives et d’occasions de marquer qu’elle crée par elle-même, on voit son apport. On est capables de l’utiliser dans toutes les situations. Elle a bloqué un tir important pour nous, elle joue en désavantage numérique et elle est capable de bien jouer défensivement, tout en faisant avancer la rondelle. Elle utilise sa vitesse de différentes façons, mais quand on ne marque pas de buts en tant qu’équipe, ce n’est pas la faute d’une seule joueuse. Je pense que c’est la responsabilité de tout le monde », a expliqué Julie Chu après le match de jeudi.
« À un moment donné, elle s’est retrouvée dans une montée à trois contre une et on n’a pas réussi à concrétiser. On a aussi eu un deux contre un en deuxième période qu’on n’a pas réussi à exécuter. Puis, on a eu un autre deux contre un où on a bien exécuté, mais on a frappé le poteau. Donc oui, les points font partie de l’équation. Mais si on regarde l’ensemble de son jeu, ses occasions de marquer, ses tirs au but, son impact et sa capacité à rendre les équipes adverses inconfortables, tout ça fait encore partie de ce qu’elle est comme joueuse et de ce qu’elle peut apporter à notre équipe. Et c’est quelque chose qu’on voit tous les jours », a-t-elle ajouté.
Une première défaite pour les Gaiters
Bishop’s et Montréal s’affrontaient deux fois en trois jours et, pour la première fois cette saison, les Gaiters ont plié l’échine.
Après une victoire de 3 à 2 vendredi à Sherbrooke, la troupe d’Alexandra Boulanger s’est inclinée 3 à 1 dimanche.
Et n’eût été de la brillante performance de la gardienne Laurence Boivin, l’écart aurait pu être beaucoup plus important en faveur des Carabins.
Il s’agit, à mes yeux, de la meilleure performance d’une gardienne à laquelle j’ai assisté depuis le début de la saison.
Elle a réalisé de gros arrêts devant Ann-Sophie Bédard et Jade Picard en première période, avant de frustrer Audrey-Anne Veillette en échappée en deuxième. Puis, au troisième engagement, elle a fermé la porte à Lea Salem, Rosalie Couture, Laurie Vézina et, à deux reprises, à Wikona Laloche.
« Ce qui est encore plus impressionnant, c’est qu’elle a joué une grosse game vendredi aussi. Deux matchs très solides pour elle. Elle travaille fort. L’année passée, on avait Érika Gagnon, mais Laurence a appris beaucoup et elle est prête pour être notre gardienne numéro un et de nous sauver des games comme ça. Ça se peut qu’on perde quand même, mais si elle n’avait pas été là, ça aurait pu être un autre pointage », a expliqué la capitaine des Gaiters, Gabrielle Santerre, après le match de dimanche.
Des propos qui trouvent également écho chez l’entraîneuse-cheffe des Carabins, Isabelle Leclaire. En deux matchs, Boivin a fait face à 74 tirs.
L’attaque des Gaiters a été plus discrète cette fin de semaine, mais affronter les Carabins n’est jamais une mince tâche. Et il n’y a aucune honte à s’incliner contre elles.
Il s’agissait d’une victoire de quatre points pour les Carabins, qui demeurent dans le peloton de tête avec six points, soit deux de moins que les Martlets et les Gaiters.
Avec quatre points en deux matchs, l’attaquante Wikona Laloche a été la joueuse la plus productive de son équipe. Elle partage maintenant le premier rang des pointeuses du RSEQ avec Naomie Fontaine, dans un classement encore largement dominé par Bishop’s.
Parmi les 13 joueuses ayant récolté au moins quatre points cette saison, huit évoluent avec Bishop’s, contre trois avec McGill et deux avec Montréal.
Amélie Poiré-Lehoux blessée?
Une séquence en fin de troisième période a semé la frousse au CEPSUM dimanche. Alors qu’Amélie Poiré-Lehoux s’amenait en zone adverse, elle a tenté de couper vers le centre, mais la défenseuse de Bishop’s, Jordanne Laforme, s’y trouvait. Plutôt que de poursuivre sa course vers le filet, la capitaine des Carabins s’est dirigée vers son adversaire avant de culbuter de façon spectaculaire. Incapable de se relever, elle a forcé l’arrêt du jeu.
Poiré-Lehoux est demeurée de longues minutes, étendue sur la patinoire. Plusieurs craignaient qu’elle se soit de nouveau blessée au genou, une blessure qui lui avait déjà fait manquer une saison complète. Heureusement, son genou ne serait pas touché. On craint plutôt une commotion cérébrale et son état sera réévalué cette semaine.
Espérons qu’il y ait eu plus de peur que de mal pour la capitaine des Carabins.
Je ne suis toutefois pas convaincu que le jeu méritait une pénalité, encore moins une majeure de cinq minutes et une inconduite de partie. Quoi qu’il en soit, toutes les personnes à qui j’ai parlé s’entendent pour dire qu’il ne s’agissait aucunement d’un coup salaud.
Santerre et Lussier aux Universiades
Le U Sports a dévoilé les noms des trois premières joueuses sélectionnées pour représenter le Canada aux Universiades, qui se dérouleront du 15 au 25 janvier 2027 à Changchun, en Chine.
Les attaquantes québécoises Émilie Lussier et Gabrielle Santerre, toutes deux médaillées d’argent en 2025, font partie du trio, tout comme la défenseuse néo-écossaise Abigail MacKenzie.
« De le faire à ma deuxième année universitaire seulement, je pense que c’est quelque chose qui était vraiment surprenant pour moi. Ça va être ma deuxième expérience, je vais savoir un peu plus à quoi m’attendre. Je pense que c’est l’expérience d’une vie. Tu vas là pour le hockey, mais aussi juste pour voir d’autres choses, jouer contre d’autres pays. Je pense que c’est une chance que j’ai et un privilège de porter ce chandail-là. Je suis vraiment excitée et on est contentes de pouvoir avoir notre chance d’aller gagner la médaille d’or », a exprimé Santerre.
Le reste de l’équipe sera dévoilé au cours des prochaines semaines, mais il ne serait pas surprenant de voir plusieurs autres Québécoises s’ajouter à la formation.
Lors de la dernière édition, en 2025, quatre Québécoises avaient représenté le Canada. Outre Santerre et Lussier, Alexandra-Anne Boyer et Émilie Lavoie avaient également été de l’aventure.
McGill poursuivra-t-elle sur sa lancée?
Les Martlets auront tout un test jeudi et dimanche, alors qu’elles affronteront les Carabins à deux reprises. Parviendront-elles à prolonger leur séquence victorieuse?
De leur côté, les Gaiters de Bishop’s croiseront le fer avec le Rouge et Or de l’Université Laval vendredi et dimanche. S’il y a une bonne occasion pour les Gaiters de rebondir après leur première défaite de la saison, c’est bien contre la jeune formation de Québec.
