« On joue pour gagner, pas pour ne pas perdre » : la nouvelle mentalité des Alouettes – Alexandre Gagné
Les Alouettes de Montréal ont retrouvé leur place parmi les puissances de la Ligue canadienne de football. À quelques jours de la finale de l’Est, le vétéran Alexandre Gagné s’est entretenu avec Kevin Raphaël à Sans Restriction Football pour discuter de la transformation de l’organisation, de la chimie exceptionnelle dans le vestiaire et de son avenir après dix saisons dans la LCF.
Il fut un temps où porter l’uniforme des Alouettes de Montréal n’était pas nécessairement une destination de rêve pour les joueurs de la Ligue canadienne de football. Aujourd’hui, la situation est complètement différente.
Pour Alexandre Gagné, qui dispute sa dixième saison dans la LCF, ce changement de culture est directement lié à l’arrivée de Danny Maciocia et, quelques années plus tard, de l’entraîneur-chef Jason Maas.
« Quand je suis arrivé dans la Ligue canadienne en 2016, tu ne voulais pas aller aux Alouettes de Montréal. Aller aux Alouettes, c’était aller terminer ta carrière », raconte Gagné.
L’organisation montréalaise traversait alors une période difficile, marquée par un manque de stabilité et de structure. Mais l’arrivée de Maciocia a changé la direction de la franchise.
« Il a ramené beaucoup de Québécois. Le mot d’ordre, c’était vraiment de ramener les Alouettes de Montréal comme on les avait connus dans le temps. »
Selon Gagné, l’arrivée de Jason Maas a représenté la dernière pièce du casse-tête.
« Je pense qu’avec l’arrivée de Jason Maas, il est venu compléter ce qui manquait à cette équipe-là. Depuis 2023, on sent vraiment cette chimie d’équipe augmenter. »
Une équipe différente dès le premier jour

Après dix années dans le football professionnel, Alexandre Gagné en a vu des formations talentueuses. Pourtant, l’édition actuelle des Alouettes possède quelque chose de particulier.
Dès la première journée du camp d’entraînement, le vétéran avait remarqué une différence majeure.
« J’ai jamais vu une équipe aussi bien rodée au jour un. »
Pour lui, cette préparation exceptionnelle s’explique notamment par les déceptions des dernières saisons.
L’élimination en finale de l’Est en 2024, suivie de la défaite en Coupe Grey en 2025, a laissé des traces dans le vestiaire.
« On peut être bons, mais on n’est pas invincibles. Il faut continuer à travailler pour se rendre au stade où on veut être considérés comme imbattables. »
Cette mentalité s’est notamment manifestée durant la saison morte.
Sous le leadership du quart-arrière Davis Alexander, plusieurs joueurs se sont réunis à Phoenix afin de s’entraîner ensemble.
Et il ne s’agissait pas simplement de lancer quelques ballons.
Les joueurs partageaient leurs séances de musculation, leurs entraînements, leurs périodes de récupération et même leur quotidien.
« Quand tu arrives au camp d’entraînement, c’est juste une continuité de ta saison morte. Ce n’est pas là que tu commences à prendre le football au sérieux. »
