L’effet Poulin se fait sentir!
« J’ai vraiment senti l’empreinte de PA. »
Ce sont les mots de l’entraîneuse-cheffe des Carabins de l’Université de Montréal, Isabelle Leclaire, après la défaite surprise de 3 à 1 de son équipe face aux Martlets de McGill, vendredi soir.
Et PA, c’est Pier-Alexandre Poulin, entraîneur adjoint à McGill cette saison. Pour ceux et celles qui se posent la question, oui, il est bien le frère de Marie-Philip. Comme quoi avoir un impact sur une équipe, c’est de famille!
Ancien joueur, Poulin roule sa bosse dans le monde du coaching depuis près de 10 ans. Il a notamment connu du succès dans le junior AAA et, en février dernier, il était l’adjoint d’Éric Bouchard derrière le banc de l’équipe féminine italienne, qui a surpris le monde du hockey aux Jeux olympiques.
Leclaire, qui couvrait justement les Jeux de Milan à titre d’analyste, a d’ailleurs reconnu dans le jeu des Martlets certaines choses qu’elle avait observées en Italie.
« Elles ont joué un peu comme l’Italie. Elles ont été très bonnes sur leurs sorties de zone. Elles nous ont utilisées, nous attiraient, envoyaient les rondelles le long de la bande, mettaient ça dans les baies vitrées sur les mises au jeu. Je les ai trouvées très difficiles à jouer dans ce sens-là. C’est rien de sorcier, mais nos filles n’ont juste pas compris ce qui se passait. J’arrêtais pas de leur donner des consignes au banc, mais on ne s’est jamais adaptées en première période. Ça a été trop long avant qu’on s’adapte. McGill en a profité et a capitalisé sur les opportunités qu’elles ont eues », mentionnait Leclaire après le match de dimanche contre Concordia.
Poulin prenait d’ailleurs beaucoup de place derrière le banc de son équipe. Très actif, il était parfois à se demander qui dirigeait réellement le club. Il faut toutefois saluer l’esprit d’équipe de l’entraîneuse-cheffe Leslie Oles, qui lui a laissé toute la place nécessaire, avec les succès qu’on connaît. Rappelons qu’Oles en est à sa première expérience comme entraîneuse-cheffe et qu’elle a hérité de ce poste dans des circonstances peu idéales.
En plus de battre les championnes nationales en titre, McGill a également vaincu Laval dimanche, 3 à 2, en deuxième période de prolongation, grâce à un but de Mia Giles.
Si bien qu’au moment d’écrire ces lignes, McGill partage le deuxième rang de la ligue avec les Carabins, les deux équipes ayant récolté quatre points chacune. Je comprends que la saison est encore jeune, mais jamais je n’aurais imaginé un tel scénario, que ce soit après trois matchs ou même après 20.
Devant le filet face à Montréal, Mégane Pilon a repoussé 37 des 38 tirs dirigés vers elle à son premier départ de la saison. À l’attaque, Chloé Blanchard, Mahely Charbonneau et Taylor Garcia mènent les Martlets avec trois points chacune.
Ces performances ont d’ailleurs permis à McGill de signer deux victoires consécutives en saison régulière pour la première fois depuis janvier 2024.
À noter que la rencontre entre McGill et Montréal, qui marquait le match d’ouverture à domicile des Carabins, a attiré 1 200 spectateurs.
Une alarme de feu à Concordia
Montréal disputait son deuxième match de la fin de semaine dimanche, face à Concordia, qui ouvrait pour l’occasion sa saison à domicile.
Les Carabins menaient 3 à 0 lorsqu’avec 16 minutes à jouer en troisième période, l’alarme de feu s’est mise à retentir.
Les arbitres ont interrompu la rencontre, mais personne ne semblait vraiment savoir comment réagir. Après quelques minutes, on nous a finalement demandé d’évacuer l’aréna. Même chose pour les joueuses, qui ont dû sortir de la bâtisse avec leurs protège-lames aux patins.
Heureusement, c’était une belle journée d’automne ensoleillée. Avec 16 degrés à l’extérieur, la situation était plutôt agréable et anecdotique. À moins 15 en plein mois de janvier, ça aurait été une tout autre histoire.
Les entraîneuses-cheffes Isabelle Leclaire et Julie Chu n’avaient jamais vécu une telle situation pendant un match. À l’entraînement, oui, mais jamais en pleine rencontre. Alors qu’on attendait à l’extérieur, j’ai croisé Les Lawton, le légendaire entraîneur qui a dirigé l’équipe féminine des Stingers pendant 34 ans. À la retraite depuis 2015, il n’a pas raté un seul match de l’équipe depuis. Et lui aussi m’a confirmé qu’il n’avait jamais vu ça!
Finalement, on ne sait toujours pas ce qui a déclenché l’alarme. Les pompiers se sont présentés sur place et, après près d’une heure d’attente, le match a pu reprendre. Les joueuses ont toutefois eu droit à une courte période d’échauffement de 10 minutes avant de retourner au jeu.
Pour Julie Chu, cette interruption n’a pas eu un grand impact sur le déroulement de la rencontre.
« Non. Même si j’ai aimé notre début de troisième période. Je trouvais qu’on avait fait du bon travail pendant les quatre premières minutes. Mais on tirait quand même de l’arrière 3-0 à ce moment-là, alors qui sait? Mais je suis optimiste. Je crois toujours qu’il reste du temps », expliquait Chu après le match.
C’est toutefois en toute fin de deuxième période que Montréal a véritablement brisé les reins des Stingers. Alors que les Carabins menaient 2 à 0, Maude Desroches a réalisé deux gros arrêts, d’abord contre Courtney Rice, puis contre Frédérike Verpaelst. Sur la séquence suivante, Wikona Laloche a marqué à la suite d’une superbe passe d’Audrey-Anne Veillette, avec seulement trois secondes à faire à la période, donnant une avance de trois buts à son équipe.
« Il y a des moments où le momentum peut basculer d’un côté comme de l’autre, ajoute Chu. C’était 1-0, puis 2-0. On obtient une petite échappée, on ne marque pas, puis elles reviennent et marquent avec trois secondes à faire en deuxième période, à la suite d’un revirement difficile. Et là, c’est 3-0. On commence la troisième avec une autre petite échappée. Peut-être que ça devient 3-1. Mais ce sont des peut-être et on n’a pas réussi à faire le travail. Ce sont toutefois ces moments-là. Il faut trouver une façon de les faire tourner en notre faveur, de mieux exécuter nos jeux et de concrétiser ces occasions. »
Pour Leclaire, au-delà du tour du chapeau de Wikona Laloche, c’est la performance de Maude Desroches devant le filet qui a particulièrement retenu l’attention. La gardienne a repoussé les 33 tirs dirigés vers elle pour signer le blanchissage.
« Elle a fait deux arrêts coup sur coup en fin de deuxième période. C’est pas juste un blanchissage, c’est un blanchissage exceptionnel! » a déclaré Leclaire.
De la belle visite à Concordia
Situé au centre-ville de Montréal, l’aréna Ed-Meagher accueille régulièrement des visages connus du monde du hockey féminin au fil des saisons. Je pense notamment à Marie-Philip Poulin, France St-Louis, Maureen Murphy et Erin Ambrose, qu’on a déjà pu y croiser.
Le match d’ouverture à domicile des Stingers, dimanche, n’a pas fait exception à la règle.
La pionnière du hockey féminin et ancienne joueuse des Stingers, Lisa-Marie Breton, était présente, tout comme Jessymaude Drapeau, ancienne capitaine de l’équipe, qui tentera de se tailler une place avec les Sceptres de Toronto cette saison.
On pouvait également y apercevoir Avi Adam, choix de deuxième ronde de la Victoire de Montréal lors du plus récent repêchage. Arrivée à Montréal il y a un peu plus d’une semaine, elle était venue encourager deux de ses meilleures amies : la gardienne des Stingers Belle Mende, avec qui elle a évolué à l’Université Cornell, ainsi que Kate Furlong, une compatriote de la Nouvelle-Écosse.
L’attaque dévastatrice de Bishop’s
Après trois matchs, il y a une statistique qui me renverse.
Les Gaiters de Bishop’s ont déjà marqué 20 buts.
Les quatre autres équipes de la ligue réunies? Seulement 24!
Et ce n’est pas comme si la troupe d’Alexandra Boulanger accordait beaucoup de buts en retour. Avec seulement cinq buts alloués, Bishop’s se classe au deuxième rang à ce chapitre, derrière Montréal, qui n’en a accordé que quatre.
La victoire de 7 à 3 des Gaiters face à Laval, vendredi, illustre d’ailleurs parfaitement leur puissance offensive en ce début de saison.
Parmi les sept meilleures pointeuses du RSEQ, six portent les couleurs de Bishop’s. Noémie Fontaine trône au sommet avec neuf points en trois matchs, suivie de la défenseuse Daphné Boutin avec huit et de Gabrielle Santerre avec sept. La recrue Laurence Lafleur suit avec six points, devant Naomi Côté avec cinq et Sandrine Chouinard avec quatre.
La seule joueuse à s’immiscer dans ce groupe est Wikona Laloche, des Carabins. Avec quatre buts et deux mentions d’aide, elle partage le quatrième rang des pointeuses avec Lafleur.
Au diable mes prédictions
Chaque année, peu importe le sport, des centaines de chroniqueurs se prêtent au jeu des prédictions à l’approche de la saison qu’ils couvrent.
Et soyons honnêtes, quand vient le temps de faire le bilan, la majorité se sont royalement trompés!
J’ai bien l’impression que ce sera mon cas cette année.
Évidemment, seulement trois matchs ont été disputés et les choses ont encore amplement le temps de changer.
Mais pour l’instant, une chose est claire : Bishop’s semble posséder la meilleure attaque de la ligue. Et le trio Santerre-Côté-Fontaine est sans contredit celui de l’heure dans le RSEQ.
Du côté des joueuses de première année, le temps de glace accordé à Laurence Lafleur et la possibilité d’évoluer parmi les six premières attaquantes de son équipe, contrairement à Laurie Vézina et Alexandra Giguère, lui donnent une longueur d’avance. Elle sera une recrue difficile à déloger.
Chez les gardiennes, Maude Desroches domine pour la moyenne de buts alloués et le pourcentage d’arrêts. Toutefois, elle est beaucoup moins sollicitée que sa rivale de Laval, Ericka Gagnon. Cette dernière a fait face à 100 tirs en seulement deux matchs. À titre comparatif, Desroches n’en a reçu que 68 en trois rencontres.
Et les chiffres ne mentent pas : le Rouge et Or a accordé 147 tirs en trois matchs, pour une moyenne de 49 lancers par rencontre.
Bref, la saison est encore jeune, mais plusieurs choses ne se déroulent pas comme je l’avais anticipé. Et c’est bien correct ainsi!
Montréal contre Bishop’s à 2 reprises
La fin de semaine prochaine devrait nous donner un meilleur aperçu de ce qui nous attend cette saison. En effet, Montréal rendra visite à Bishop’s vendredi soir, avant que les Gaiters se présentent au CEPSUM dimanche pour y affronter les Carabins.
Est-ce que l’attaque des Gaiters continuera de faire des ravages? Est-ce que les gros canons des Carabins vont enfin exploser? Et qui aura le dessus dans le duel entre Maude Desroches et Laurence Boivin?
On devrait avoir plusieurs réponses dès le week-end prochain.
De son côté, Concordia affrontera McGill vendredi soir, avant de recevoir les Martlets dimanche à l’aréna Ed-Meagher. Quant à Laval, l’équipe profitera d’une fin de semaine de congé avant de reprendre le collier le 6 novembre.
crédit photo: Instagram Martlets de McGill
