Je suis fier de toi Mélo

Je ne sais même pas par où commencer. Je pense que le mieux, c’est de commencer par la chose qui est la plus tangible dans notre relation. Les mots : Je t’aime. Nous nous sommes tellement écrit ça de fois de façon random, juste en support l’un pour l’autre, dans les bons comme dans les moins bons moments. Trois mots si simples, si galvaudés en société, mais si rassurants quand ça vient de la bonne place. Les années passent, les mois passent, les semaines passent, la vie évolue, les responsabilités augmentent, les victoires s’accumulent, les blessures s’endurent, mais un élément concret nous liera pour toujours. Cet élément incommensurable, c’est cette amitié pure entre deux personnes qui essayent de trouver la meilleure balance entre leurs vies personnelles et leurs objectifs professionnels.

Je pourrais parler de tes statistiques sur la glace ou de tes accomplissements, mais tu es assurément plus que ça. Si les gens veulent savoir à quel point tu es bonne au hockey, ils iront sur Wikipédia. Sinon, ils peuvent aussi demander aux gardiennes américaines que tu as traumatisées pendant tant d’années. Moi, j’ai envie de parler de l’autre côté de tes médailles.

Quand tu as annoncé ta retraite, j’ai eu une pensée pour ton papa et ta maman (parce que oui, Mélo, je suis encore le plus grand fan de Johanne). Des personnes gentilles, généreuses et aimantes comme j’ai rarement vu. J’ai un indubitable souvenir de cette soirée dans un bar de Montréal où tes parents sont sortis avec nous et que je te disais, maudit, que je les aime. Je les trouvais si beaux à danser ensemble, à jaser avec tout le monde de cette célébration de l’accomplissement de la médaille d’or olympique. Cette fameuse médaille qui jusqu’à ce jour restera gravée dans ma mémoire parce qu’après cette victoire-là, tu as pris le temps de m’appeler via Snapchat pour que je puisse faire un peu partie de cette célébration-là. Bon, j’avais les deux yeux dans la graisse de bine, ce matin-là, mais ouf que ça m’avait touché. Vous étiez belles à voir.

Je pense aussi à Mathéo qui a eu la chance de voir maman être l’une des meilleures au monde dans ce qu’elle fait. Tu as passé à travers des feux de forêts et des raz de marée pour lui montrer que tout était possible quand on y croit vraiment. Il grandit si vite, j’ai hâte de le voir plus tard, sur la même ligne qu’Eddy.

J’ai longtemps pensé à t’écrire tout ça en texto, mais en même temps, j’ai envie que les gens comprennent à quel point c’était complexe comme parcours et à quel point tu as surmonté tes embûches pour vivre ton rêve aussi longtemps que tu le pouvais.

Un autre moment marquant pour moi, c’est la dernière journée avant que toutes nos vies changent, résultat d’un confinement interminable en 2020. Je me rappellerai toujours cette invitation à la cabane à sucre de tes parents. Je me revois qui regardent autour de moi et de voir du talent comme je n’ai jamais vu. J’ai souvent repensé à cette journée en compagnie de tes coéquipières d’Équipe Canada et repensé à comment tu m’avais fait sentir comme un membre de la famille. Ça, c’est un mot symptomatique de notre relation. La Famille.

Je me rappelle aussi, ce fameux match à McGill où je suis venu te voir tout casser, quand je n’avais vu qu’un seul match de hockey féminin dans ma vie. Nous avions nos baby faces et l’avenir devant nous. J’étais si fier de toi. Si impressionné par ta dominance, mais également si heureux de te voir dans ton élément. Tu haïssais tellement la photo qu’on a prise après le match. Je me suis gardé une petite gêne et je ne l’ai pas mise dans le texte, mais damn que j’avais le goût juste pour t’imaginer qui sacrent au loin. Ça reste que cette photo, c’est ta photo de contact dans mon cell, parce que c’est ma pref.

La vie à fait en sorte que ton dernier chapitre sur la glace, je ne l’ai pas vécu comme j’aurais voulu. Je l’ai vécu à distance, avec les yeux remplis d’admiration et le cœur débordant d’amour. J’aurais aimé le vivre de près, te dire à quel point j’étais fier de ton premier but, à quel point t’es badass sur le power play et à quel point je trouve ça beau de vous Hannah et toi.

Peu de personnes rentrent dans mon petit jardin secret, mais toi, dès le premier jour, tu as fait comme chez toi et tu t’es mis à arroser.

Bon, je ne peux pas m’étendre encore plus sur toutes nos histoires ou anecdotes ou moments touchants.

Ok, peut-être un dernier.

Cette fameuse soirée à Québec, lorsque tu es venue, à une émission que j’animais et qu’on a fini en train de manger de la pizza en buvant quelques breuvages alcoolisés. C’était si simple, si parfait, si nous. C’est probablement l’un de mes souvenirs favoris. Un peu vague, mais plaisant. 

Ah ok un autre.

Un autre moment limpide personnellement, c’est lorsque tu es venue jouer à la Classique KR2. C’était la première fois qu’on avait des femmes sur la glace avec les pros et les artistes. Tu avais torché tout le monde. Tu récoltais trois buts, une passe et les joueurs de la LNH sur le banc me disaient, mais what the fuck, c’est qui ça. Avec fierté, je répondais, Mélodie Daoust, la joueuse de hockey la plus badass que tu vas voir.  

Nous avons eu nos hauts, nos bas, nos bonnes journées comme les moins bonnes, mais replonger dans ces différents souvenirs me fait sourire.

Bonne retraite Mélo. Je sais que ce qui t’attend sera à la hauteur de tes ambitions, c’est-à-dire sans limite. Fonce, brise les barrières et les idées préconçues. Montre-leur que Mélodie Daoust, c’est plus qu’une joueuse de hockey formidable.

Je t’aime Mélo

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