« C’est le mindset qui a tout changé » – Rose Laliberté-Roy, future olympienne
Montréal, 12 janvier 2026 (Sportcom) – L’équipe olympique canadienne de patinage de vitesse longue piste sera officiellement nommée jeudi. Des athlètes qui recevront leur veste officielle annonçant qu’ils seront à Milan-Cortina dans trois semaines, Rose Laliberté-Roy est probablement celle qui était un peu plus sous les radars.
L’athlète a participé à quelques Coupes du monde pendant sa carrière, mais l’automne dernier, elle a été limitée à celle de Calgary. Cela ne l’a toutefois pas empêchée de garder les yeux rivés sur son objectif de vivre une première participation olympique. Dans son sport, le palmarès ne compte pas et c’est le chronomètre qui fait foi de tout. Le 4 janvier dernier, la patineuse a parcouru son 1000 m en un temps de 1 min 17,06 s, ce qui lui a permis de terminer au premier rang de la course qui servait de qualification olympique à cette distance.
Rencontrée au Centre de glaces Intact Assurance, 24 heures après sa victoire, la patineuse surfait sur l’émotion.
« Je pense que je suis encore sur un nuage, en fait. Ç’a été incroyable ! Hier (4 janvier), c’était vraiment marquant dans ma carrière et ça va bien. Je me sens vraiment légère ! »
La veille du 1000 m, la Québécoise n’avait pas été en mesure d’obtenir son billet olympique au 500 m où elle s’était classée troisième. Toutefois, pas question de s’apitoyer sur son sort comme l’a précisé la Lévisienne.
« J’ai vraiment découvert que j’avais une force pour revenir, pour rebondir. Je suis passée à 0,10 seconde de me classer au 500 m pour les Jeux. J’ai fait un reset le samedi soir. C’est parfait, j’étais proche. Au 1000 m, je vais aller la chercher et j’y suis allée ! »
Cette volonté s’est construite sur une longue période en collaboration avec sa psychologue sportive comme l’a indiqué l’athlète qui savait que malgré sa déception au 500 m, elle avait de la vitesse pour être dans le coup à l’épreuve du lendemain.
« (Il faut) déjouer la tête et se dire que oui c’est stressant, mais c’est le fun ! Je m’en vais courser ! C’est le mindset qui a tout changé. J’ai toujours été en forme, on travaille fort, mais ça se joue vraiment dans la tête rendu là. […] Tu n’as pas le choix et j’étais préparée à ça. J’avais visualisé tous les scénarios possibles. Ce n’était pas l’idéal samedi, mais je savais que je pouvais revenir. J’étais zen, j’ai bien dormi le samedi soir et quand je me suis réveillée dimanche matin, je me suis dit : “ça se passe ce matin ! ” »
Le plaisir et la bonne paie de l’entraîneur
Lorsque la victoire de Laliberté-Roy a été officialisée, l’athlète de 27 ans est demeurée incrédule en sautant dans les bras de son entraîneur Gregor Jelonek.
« Je pense qu’elle n’y croyait pas. Quand je l’ai vue, elle m’a dit qu’elle pensait qu’elle rêvait. C’est ça qui est magnifique, ces athlètes-là travaillent tellement fort pour aller chercher leur rêve d’aller à cette compétition-là. Quand ça arrive, ça peut paraître irréel pour eux », explique Jelonek, la voix éraillée après avoir crié ses consignes et encouragements à ses athlètes pendant les courses.
« Ce qui me fait plaisir, c’est de voir que les athlètes sont heureux. Pour nous, les entraîneurs, c’est notre paie », poursuit l’entraîneur, qui prend aussi le temps d’inclure dans le lot tous les membres de l’équipe élargie des athlètes, des spécialistes scientifiques jusqu’aux bénévoles.
Si on demeure dans des termes financiers, Gregor Jelonek a assurément reçu une généreuse prime symbolique après la victoire de la patineuse.
Rédaction : Mathieu Laberge
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