Charles-Émile Brunet : à l’aube du professionnalisme

« Pour de vrai, je n’y croyais plus. Je voyais tous les noms passés sauf le mien. Je me disais que je n’avais plus mes chances ».

Charles-Émile Brunet a vécu une véritable montagne russe émotionnelle lors du SuperDraft de la MLS, tenu le 18 décembre dernier. Désormais organisé entièrement en ligne, l’événement s’est déroulé sous le regard attentif du milieu de terrain québécois qui, entouré de sa famille et de ses agents, attendait avec impatience de voir son nom apparaître sur le site officiel de la ligue.

Du désespoir à la surprise

« Je rafraîchissais la page chaque seconde pour voir si une équipe m’avait sélectionné », a raconté le numéro 8 des Mustangs du Southern Methodist University. 

Pressenti comme un choix de fin de premier tour ou début de deuxième tour, Brunet a dû patienter, malgré lui, en fin de troisième et ultime ronde pour voir son nom être choisi.

« Je ne m’attendais pas du tout à ce que Nashville me repêche. J’ai été surpris », a confié celui qui est devenu le 80e choix au total.

Rappelons que l’ancien porte-couleurs des Aigles d’Ahunstic a participé au Showcase de la MLS, là où il a pu discuter avec le Dynamo de Houston, les Whitecaps de Vancouver et Nashville.

« J’ai eu des entrevues avec deux recruteurs de Nashville, mais je pensais vraiment me faire repêcher par Vancouver, à la fin du premier tour », a admis Brunet.

Brunet se dit content d’être sélectionné par une telle organisation et heureux de la tournure des évènements.

Faits l’un pour l’autre

Charles-Émile Brunet a rapidement été séduit par le programme des Mustangs de SMU. En l’espace de quelques heures seulement, il prenait la décision de quitter Central Arkansas University pour l’établissement situé à Dallas.

« Le portail des transferts universitaires s’est ouvert le lundi, SMU m’a appelé puis, quelques heures après, je me suis engagé avec eux », s’est souvenu celui que l’on surnomme Le Magicien.

Les discussions avec l’entraîneur-chef des Mustangs, Kevin Hudson, ont convaincu Brunet de poursuivre ses études en économie sous le soleil texan. « Leur numéro 10, Bailey Sparks, s’est fait repêcher par l’Inter Miami, donc l’équipe avait besoin d’un remplaçant imminent et il jouait pratiquement le même poste que moi. L’entraîneur ne m’a pas donné les clés de l’équipe directement, j’ai dû travailler pour gagner ma place et sa confiance, mais la chimie était tellement bonne que ça n’a pas pris de temps », a expliqué le Montréalais.

En effet, Brunet s’est rapidement imposé comme un élément clé du système de Hudson, étant titularisé lors de chacune des rencontres de son équipe. Il a conclu sa première saison à SMU avec une récolte de deux buts et six passes décisives, des performances qui lui ont valu une sélection sur la troisième équipe d’étoiles de la redoutable conférence ACC.

Saison historique et éprouvante

Le numéro 8 a marqué l’histoire de SMU remportant le tout premier championnat de conférence ACC de l’histoire du programme. Suite à un parcours féérique, où Brunet a été un réel artisan du succès des siens, les Mustangs ont défait Virginia (1-0), alors classée quatrième équipe au pays.

Cependant, évoluer dans ce qui est considéré par plusieurs comme la meilleure conférence universitaire du pays n’est pas sans conséquences, tant sur le plan physique que mental.

« Après le tournoi, on était mentalement et physiquement épuisés. On joue un match de fou contre Wake Forest, après on va jouer contre Stanford chez eux, ensuite Syracuse », a résumé le Québécois.

Il explique ainsi l’élimination hâtive en deuxième ronde du championnat national face à Washington, futur champion national, qui est venue mettre un terme à cette saison exceptionnelle sur une note plus amère.

« On n’a pas réussi à jouer notre jeu contre Washington. On était vu comme des favoris au tournoi, donc on est déçus. Par contre, il y a du positif, on a écrit l’histoire du programme cette saison », a-t-il relativisé.  

Guigne de la deuxième année ?

Fort d’une première saison réussie au Texas, Brunet aborde la suite avec sérénité. « Je ne pense pas que la pression va m’affecter, au contraire, je performe mieux sous celle-ci », a-t-il affirmé. 

Conscient de la confiance que lui témoignent ses entraîneurs, le milieu de terrain se dit prêt à assumer un rôle encore plus important au sein de l’équipe. « C’est de la bonne pression, car je sais que mes entraîneurs me font confiance. Je suis prêt à prendre plus de responsabilités », a-t-il ajouté. 

Pour l’instant, l’avenir de Charles-Émile Brunet demeure incertain. Le Québécois attend toujours de savoir si Nashville lui offrira un contrat professionnel et s’il sera convoqué au camp de présaison de l’équipe, qui s’amorcera le 11 janvier en Floride.

Autrement, il sera de retour à Dallas le 19 janvier. D’ici là, Brunet s’entraîne dans le gymnase et participe à des pratiques avec d’autres joueurs professionnels pour maintenir la forme. 

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