Wrestle Kingdom 20 : les hauts et les bas d’une nuit historique
El Phantasmo vs Chris Brookes – ⭐️⭐️⭐️ (3/5)
Ça a été une grosse année pour El Phantasmo. Revenir d’un diagnostic de cancer, gagner la ceinture télé et se retrouver au Tokyo Dome, c’est déjà une victoire en soi. Rien que pour ça, respect.
Mais le match, lui, a été inégal. J’ai trouvé Brookes sloppy dès le début. À plusieurs moments, j’avais de la difficulté à croire qu’il était au niveau d’un match au Tokyo Dome, encore moins dans le ring avec El Phantasmo. Le match s’est replacé tranquillement, c’était moins pire en avançant, mais jamais au point de devenir réellement engageant.
La fin, par contre, m’a complètement sorti du match. Très anti-climatique. Sérieusement, est-ce que Brookes avait vraiment besoin de kicker out du finish d’ELP pour que ça se termine avec un splash ? Pour moi, c’est exactement le genre de décision qui enlève de l’impact plutôt que d’en ajouter.

Saya Kamitani vs Syuri – ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ (5/5)
J’étais extrêmement excité pour ce match-là, et il a livré.
Les filles ont pris leur temps. C’était moins fast pace que ce qu’on a déjà vu, mais ce n’est absolument pas une mauvaise chose. Le match respirait le strong style, avec un excellent échange d’avant-bras, tout en conservant des manœuvres spectaculaires.
J’avoue qu’au début, quand j’ai vu les interventions du crew de Saya, j’ai eu peur qu’on tombe dans quelque chose à la EVIL / House of Torture. Mais dès que Saya a commencé à être réellement en danger, la foule a embarqué solide.
Petit rappel important : Syuri est une ancienne combattante de MMA avec une fiche de 6 victoires et 3 défaites. Ça se ressent dans son intensité. J’ai adoré le roll en transition vers le Blue Thunder Bomb. Et surtout, j’ai aimé le kick out de Syuri sur le Star Crusher, parce qu’ici, ça faisait du sens — contrairement au match précédent.
On entendais mal le son de la foule, et je vais probablement revenir sur ce point, mais honnêtement, je ne me tannerai jamais de la réaction de la foule japonaise avec son immense « OHHHHHHH ». Le finish m’a surpris. Kamitani est une immense superstar, mais en même temps, New Japan vient clairement d’en créer une autre. Je veux le rematch.
Shingo Takagi, David Finlay, Gabe Kidd, Drilla Moloney & Hiromu Takahashi
vs
Great O-Khan, Callum Newman, HENARE, Andrade El Idolo & Jake Lee – ⭐️⭐️ (2/5)
Dire que j’avais aucun intérêt pour ce match est un understatement. Aucun. Zéro.
Le seul vrai point positif, c’était de revoir Andrade dans un ring de NJPW pour la première fois en plus de dix ans. Très bonne surprise. Jake Lee comme personnage surprise, sur papier, pourquoi pas… mais en pratique, non.
Jake Lee est officiellement mon front runner pour pire personnage, pire gimmick, pire entrée, pire outfit, pire TOUTE de 2026. Le gars marche plus lentement que l’Undertaker. Il a l’air mosane. Et tout ce build pour finalement réaliser que le seul match que je veux vraiment voir, c’est Gabe Kidd contre Andrade. C’est là que ça cliquait.
Le finish ? La grosse botte de Lee dans le coin avec un lazy cover à une main. Je te jure, j’ai tout détesté.

El Desperado vs Taiji Ishimori vs Kosei Fujita vs SHO – ⭐️⭐️ (2/5)
Je comprends toujours pas comment, à Wrestle Kingdom, on se retrouve avec un match pas pour la belt, mais pour déterminer un aspirant numéro un… parce que le champion IWGP Junior Heavyweight, DOUKI, ne veut pas lutter au Tokyo Dome.
Donc il ne veut pas lutter devant une foule record. Il ne veut pas lutter au dernier show de Tanahashi. Mais il veut une entrée et une promo. Get out of here.
Pour le match en soi, je suis très high sur Kosei Fujita, une superstar en devenir. SHO, depuis Roppongi 3K, je suis fan. Son booking est horrible, sa gimmick laisse à désirer, mais le talent est là. J’ai détesté le concept d’attendre son tour à l’extérieur du ring.
Beaucoup d’athlétisme, beaucoup de talent, mais trop de conneries d’interventions. La victoire de Desperado allait de soi. Honnêtement, ce n’était pas super.
Aaron Wolf vs EVIL – ⭐️⭐️⭐️⭐️ (4/5)
Le sauveur Wolf.
La foule était complètement derrière lui. Le grondement était spectaculaire. J’ai aimé le look simple : black trunks, black boots, esthétique young lion assumée. Son entrée manquait de confiance, vraiment, mais en même temps, j’ai rarement vu quelqu’un recevoir un amour aussi inconditionnel de la foule.
EVIL était l’adversaire parfait. House of Torture est tellement détesté que c’était la bonne décision. Dans le ring, Wolf bouge très bien. La foule réagissait à absolument tout. Honnêtement, je n’ai pas vu un début avec autant d’anticipation dans son territoire depuis Ronda Rousey à WrestleMania.
(Parenthèse : j’haïs tout de SANADA.)
Booking old school, simple, efficace. EVIL a bien pris soin de lui. Les manœuvres de judo ont eu les plus grosses réactions. Le moment où Wolf monte sur le troisième câble pour le splash ? Le bruit de la foule était spécial. C’est la première fois de la soirée que je trouve que les interventions étaient réellement justifiées. Une vraie réussite.
Konosuke Takeshita vs Yota Tsuji – ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️ (5/5)
Un Tsuji sérieux, ça donne ça.
C’était le match avec le plus d’attentes côté work rate. Oui, on l’a déjà vu, mais avec un Tsuji focus, ça devient spécial. Takeshita a montré pourquoi il est, selon moi, le meilleur au monde actuellement. J’ai adoré le clin d’œil à Shinsuke Nakamura.
La fin était absolument incroyable : Guerrero Special, transition debout, Poisonrana, genou dans le coin, Blue Thunder Bomb du troisième, Power Drive pour un faux finish… et finalement le Gene Blaster suivi du Boston Crab. Une manœuvre de young lion. Une manœuvre apprise dans le donjon de New Japan.
De l’art. De la poésie. Un vrai classique de Wrestle Kingdom.
Le post-match, par contre, avec Jake Lee qui attaque Tsuji, a complètement cassé le moment. Un vrai anti-climax. Comme vivre le plus gros orgasme de ta vie et te faire appeler par le nom de son ex à la fin.
Kazuchika Okada vs Hiroshi Tanahashi – ⭐️⭐️⭐️⭐️ (4/5)

Voir et entendre Okada entrer au Tokyo Dome avec son thème d’AEW… ayayaye. La foule a réagi au son de la pièce qui tombe avec un immense « ohhhhh », suivi d’une déception palpable. Un vrai heel. Okada au Tokyo Dome, ça donnait des frissons.
Quand les premières notes de Tanahashi ont joué, je me suis surpris à marmonner « Go Ace ». L’émotion sur son visage à l’entrée était saisissante.
J’ai adoré le tease d’un match qui allait se terminer rapidement avec le Rainmaker, pour finalement nous offrir un Ace Maker. Ce n’était pas un match de technique. C’était un match d’histoire. Le sling blade, le dragon screw, le tombé en pont, les High Fly Flow : la foule a tout gobé.
J’ai aimé qu’Okada fasse la vraie pose du Rainmaker avant de défaire Tanahashi. Une marque de respect. Après le match, Okada prend le micro, remercie Tanahashi et s’incline.
La cérémonie qui a suivi était magnifique. C’est beau de voir un homme recevoir des fleurs. Normalisons de se donner des fleurs entre boys. Jay White a été le premier à sortir. L’accolade, Tanahashi en larmes, la pose pour la photo : moment extrêmement touchant. Puis Will Ospreay, les Golden Lovers, Kenny Omega et Kota Ibushi. L’interaction avec Ibushi était superbe.
Quand Katsuyori Shibata est arrivé, Tanahashi a vraiment craqué. Lock-up, atémi, frissons. Keiji Muto, Fujinami, et finalement Tetsuya Naito, qui a reçu la plus grosse ovation de la soirée malgré une entrée interminable — parce que c’est Naito.
Tanahashi a quitté sur un trône. Une image parfaite pour conclure une carrière légendaire.

